Jya

Le tonnere du ressaque incessant, c’est vagues qui reviennent inlassablement à l’assaut de la pierre pour s’y briser encore une fois. Le hurlement du vent qui s’écorche le long des paroies noires rugueuses et brulantes. Le sel qui grife les naseaux et irrite la peau. Jya ouvrit les yeux, elle avait seize ans aujourd’hui.

Sous ses cheveux noires épais, taillés courts, ses yeux scrutaient l’océan, ils étaient bleu obscurité, comme cette mer au crépuscule lorsqu’elle semblait dévorer les faibles et dernières lueures du jour passé.

La jeune femme eut un sourire moqueur, puis un petit rire, amer. Elle agrippa la sacoche de cuir usé qui pendait sur son flanc droit, et en extirpa ses mitaines et ses chaussons de pêche. La laine noire avait depuis longtemps pris le caractére de ces eaux rudes et collériques, le tissu réche et sallé rappait les mains et les mollets losqu’on l’enfilait. Elle noua son panier à une corde fileuse, pour l’amarer au rocher, puis le jeta à la mer.

Il lui sembla que les cinq mètre de chute passaient plus longuement que les autres jours. Elle le regarda flotter quelques instant, leva la tête, fixant quelque chose d´invisible, puis, elle aussi, se jeta dans le vide.

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